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Le lit à nu de la Gargilesse

Le lit à nu de la Gargilesse

C’est une fin d’été particulièrement sèche, et ce n’est cependant pas la dernière comme cela, mais c’est une autre histoire.

J’ai eu dans l’idée de routiner quelques sorties, balades, randonnées, et de profiter des chemins pour découvrir les paysages du département. Notre petite dernière est grande et a pris son envol en dehors du nid familial, et c’est l’occasion de profiter à deux de la nature qui nous entoure.

La pratique a été régulière dans une partie de ma vie, beaucoup moins ensuite, même si çà et là il a toujours été question de se balader dans un environnement moins urbain.

Le Chateau de Gargilesse – photo prise fin mai 2023

La balade du jour s’est faite autour de Gargilesse-Dampierre, le célèbre village aux portes de la Creuse mais toujours dans l’Indre. Commune labellisée parmi les plus beaux villages de France. Bien connue surtout pour son côté artistique, de nombreux artistes de toutes sensibilités s’y sont arrêtés, et certains y sont restés. George Sand y possedait d’ailleurs une maison et appréciait d’y séjourner. Sa maison est d’ailleurs visitable. L’architecture y est également typique et classée pour certains monuments. Petite maison et non moins petite ruelle y côtoient les gorges de la Gargilesse surplombées par le château du XVIᵉ siècle. Vous pourrez par ailleurs y voir une magnifique crypte (chapelle souterraine) sous la nef de l’église Notre-Dame de Gargilesse, édifice de style roman.

Mais, ce qui nous intéresse en cette journée ensoleillée de ce début septembre, ce sont les alentours du village. Une boucle bien connue, la Gargilesse secrète et sauvage. Un parcours autour des villages de Gargilesse et de Dampierre, suivant sur une partie le cours de la Gargilesse. Des paysages boisés au cœur de la nature de la Vallée de la Creuse. Comptez 3 h à 3 h 45 suivant votre vitesse et les arrêts. Un photographe s’arrête beaucoup en presque 12 km… Même si une grande partie est ombragée, les fortes chaleurs de la fin d’été incitent naturellement à partir tôt pour éviter midi et l’après-midi, mais tout est affaire de ressenti de ce point de vue.

Au programme de la première partie, vous démarrez près du pont de la Céline, situé à la sortie du bourg de Gargilesse-Dampierre et poursuivez dans les bois vers des paysages ruraux vallonnés. Une utilisation d’une optique grand-angle type 24 ou 28 mm vous permettra de capturer certains de ces tableaux colorés, mais rien ne vous interdit évidemment de faire du paysage avec une focale plus longue. Certains détails des paysages sont parfois tout aussi interessants à mettre sous cadre qu’un beau panorama. Il y a de fortes chances que vous rencontriez des vaches dans leurs champs et qui poserront pour vous pour faire de beaux portraits solo ou de groupe. Et si vous avez une longue focale, que vous êtes assez discret et qu’évidemment vous vous êtes levé tôt, vous pourriez voir quelques chevreuils , voire M. Goupil, magnifique chasseur roux de nos contrées, n’en déplaise à certains qui souhaiteraient les voir disparaître ou juste les tuer sous couvert de loi idiote… Mais, là encore c’est une autre histoire.

Vous trouverez également une architecture rurale avec quelques ensembles de fermes, qui sous une splendide lumière peuvent être un bon sujet photographique.

Sur le petit village de Dampierre (commune de Gargilesse-Dampierre), vous trouverez l’église Saint-Pierre, inscrite aux monuments historiques, édifice du XIIᵉ siècle de style roman remanié au fil des années. Ici une architecture simple typique de ces petites églises de village et qui cache assez souvent plein de petits détails.

En poursuivant votre chemin dans les rues, en y regardant bien et à la bonne saison, vous pourrez y goûter quelques grains de Noah. Un cépage de raisin assez rare, interdit à la vente, mais qui a un goût très différent des autres cépages habituellement sur nos tables. D’origine américaine, très présent au début du XXᵉ siècle, il a été interdit un peu avant la Seconde Guerre mondiale, et le demeure toujours (Source). Un goût très typé (foxé) très original que j’ai associé pour ma part à des fruits exotiques (fruit de la passion, litchi,…) et dont la pulpe est assez gélatineuse, ce qui vous permet de le manger facilement sans la peau.

Et, si vous suivez bien le chemin, vous aurez une autre occasion d’en manger, au bord d’un champ. Mais ne faites que goûter, quelques grains, il faut partager !

Ce qui m’a le plus frappé lors de cette matinée, c’est la sécheresse. La poursuite du parcours nous amène sur les bords de La Gargilesse. Celle-ci étant sur une bonne partie complètement asséchée, laissant un lit de pierre à nu à la place du cours d’eau. Seules subsistent quelques mares çà et là avec un peu de vie, mais pour combien de temps. N’étant pas un habitué, j’ignore si cela fait suite au climat très exceptionnel de notre temps ou si cela arrive régulièrement. C’est néanmoins un paysage presque anxiogène : voir un lieu si propice à la vie en tout genre devenir sec, aride et sans vie au cœur d’une forêt, ça prend aux tripes lorsqu’on pense aux batraciens, reptiles, poissons et autres petits habitants des cours d’eau, qui n’ont rien demandé et qui n’ont rien fait pour en arriver là.

Bref, revenons-en à la balade, celle-ci se terminera dans le bourg de Gargilesse que vous pourrez visiter. Vous l’aurez compris, cette boucle est à faire à la bonne saison, celle du raisin, ou encore de l’automne pour profiter de la superbe lumière rasante de cette saison et des couleurs magnifiques de la végétation qui se parera de jaune, d’or et d’autres oranges que les photographes adorent.

Pour les questions pratiques, le mieux est de vous rendre sur le site de Berryprovince, où vous trouverez un PDF avec tout le nécessaire : point de départ, parking, balisage du sentier (GR/PR, couleur des marques), niveau de difficulté, dénivelé et trace GPX. On ajoutera comme souvent, en fonction de la saison, de faire attention aux tiques, de penser à prendre de l’eau, de bonnes chaussures et à ne pas trop se charger.

Concernant la partie technique photo, rien de bien compliqué. J’avais ici mon appareil numérique, le Z5II avec une optique 28-75 f/2.8. Le transtandard Tamron, l’objectif à tout faire, même un peu de proxy avec sa mise au point minimale à 18 cm en grand angle et 38 cm en position téléphoto. Très utile pour photographier champignons, et autres petits habitants, lézards, sauterelles, criquets, batraciens,… C’est intéressant pour varier les point de vue sur un même sujet. La position grand angle est à mon sens un peu juste, j’aurais préféré un 24mm comme mon précédent 24-70 f/4 Nikon, mais ça reste suffisant et je fais un compris sur le poids. La position télé à 70mm peut paraître juste, mais dans mon cas j’amène aussi son compère le 70-180 f/2.8. Très utile lorsque qu’un petit troupeaux de chevreuils ne vous a pas entendu ou vu arriver dans leur clairrière. Et comme je l’ai déjà évoqué, le paysage avec une longue focale amène des points de vue différents de celui de l’éternel grand angle.

Ce combo d’objectif est léger, ergonomique, avec une excellente netteté sans avoir le prix de l’équivalent Nikon, très très cher. C’est un ensemble intéressant pour la balade, même si le Z5II est assez gros comparé à des boîtiers APS-C ou encore mieux Micro 4/3. Rien n’est parfait, et il faut parfois faire des compromis sur le matériel. Mais là encore c’est une autre histoire, et puisque je n’ai plus rien à ajouter, bonne balade !

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