
Mars s’approche tout doucement et avec lui l’arrivée du printemps le 20 mars prochain. Après cette longue période de pluie et d’inondations, que cela est plaisant de pouvoir enfin profiter des couleurs des premières fleurs et d’un rayon de soleil bien mérité ! Ces semaines de grisaille semblaient interminables, et pourtant, la nature a tenu bon. Elle se rappelle à nous avec d’autant plus d’éclat que l’attente fut particulièrement longue, surtout pour un photographe nature.

J’ai cependant peu profité des crocus, qui succombent progressivement à l’excès d’humidité pour certains, leurs délicates corolles n’ayant pas résisté à tant de précipitations. Mais les narcisses, eux, sont au rendez-vous. Leurs couleurs jaunes éclatantes se marient à merveille avec le bleu profond du ciel de cette journée retrouvée. Ce contraste, presque primaire dans sa simplicité, est l’un de ceux que j’affectionne le plus en photographie : le jaune chaud et vibrant des pétales qui dialogue avec le bleu clair et infini du ciel de février. Une complémentarité que les peintres flamands connaissaient bien.
C’est tout de même l’occasion de sortir l’appareil photo et d’immortaliser quelques spécimens. Je me laisse guider par la lumière rasante de cette journée encore fragile, en recherchant le contre-jour qui vient illuminer les pétales par transparence et leur donner une profondeur lumineuse incomparable. Les gouttes d’eau, héritages des pluies et de la rosée du matin, accrochent elles aussi la lumière et deviennent de petits joyaux suspendus sur les tiges. La nature offre parfois ses meilleurs accessoires de studio sans qu’on lui demande rien.

Et puis, il y a le mouvement des premiers petits insectes qui font tout doucement leur apparition au rythme des éclaircies. C’est le signe discret mais certain que la saison va basculer d’ici peu. Une abeille qui s’affairait autour des narcisses, comme si elle rattrapait le temps perdu. J’ai aussi vu passer quelques citrons – le papillon, évidemment, ce jaune soufre si caractéristique – qui semblaient eux aussi heureux de retrouver un peu de chaleur, que moi.

Pour ces images, j’ai opté pour mon Nikon Z5II associé au Tamron 70-180mm f/2.8. La grande ouverture permet d’isoler une fleur dans un arrière-plan fondu et doux, tout en préservant ce petit quelque chose d’aérien qui colle si bien à l’ambiance du moment. La longue focale offre quant à elle une compression agréable, qui rapproche le sujet du ciel et renforce encore ce mariage du jaune et du bleu. Un duo d’équipements que je ne regrette pas d’avoir emporté ce jour-là.

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