Nous Toutes — Quand la musique devient un hommage
Concert du groupe Plurielles — Le Quai de la Maison des Loisirs et de la Culture, Châteauroux

Il y a des soirées qui laissent une empreinte, pas seulement dans la mémoire, mais quelque part de plus profond — dans la façon dont on perçoit les mots, les corps, les voix. Quelque chose qui va bien au-delà du divertissement. Le concert de Plurielles, au Quai de la Maison des Loisirs et de la Culture de Châteauroux, était de ceux-là.
Dans la continuité de la Journée internationale des droits des femmes, le duo féminin a investi la scène du Quai avec une proposition artistique à la fois engagée et délicate : Nous Toutes, un répertoire de chansons porté par des femmes, pour les femmes — et pour tous ceux qui savent écouter.

Une acoustique de l’intime
Peu d’artifices. Pas de surenchère sonore. Plurielles a choisi la douceur de l’acoustique pour que les mots arrivent à nu. Entre violon, piano et guitares, les deux artistes — chanteuses et musiciennes — ont tissé un écrin sonore où chaque note, chaque mot semblait peser son poids d’humanité. Les textes traversent le quotidien des femmes, leurs forces, leurs blessures, leurs silences brisés.
On écoute. Et parfois, on retient son souffle, on réfléchit.


Le corps qui prend la parole
Mais Nous Toutes ne s’arrêtait pas aux sons. Ludo Lamarre, danseur Hip Hop, a offert une dimension supplémentaire et assez inattendue au concert : celle du mouvement poétique. Le corps en dialogue avec les voix, gestes qui prolongent les mots.
Hip Hop et musique acoustique, une rencontre qu’on n’attendait pas forcément, et qui s’est révélée lumineuse.


Pour qui ? Pour toutes et tous.
L’affiche annonçait des chansons interprétées par des femmes pour des femmes la proposition est réussie. Mais dans la salle, ce soir-là, l’émotion n’avait pas de genre. Les regards brillaient, les sourires aussi. Nous Toutes, c’est finalement un rappel : rendre hommage aux femmes, c’est rendre hommage à ce qui nous relie, nous inciter à penser, repousser les inégalités dans les domaines fondamentaux de la vie, travail, argent, sécurité, famille, propriété,…
Un concert intimiste, poétique, nécessaire.

Derrière l’objectif — Photographier l’émotion en live
Capturer un concert intimiste comme Nous Toutes est un exercice aussi exigeant que passionnant. La photographie de concert impose ses propres règles — ou plutôt, ses propres contraintes — et c’est précisément là que réside son attrait pour moi, un nouveau défi, chaque fois différent.
Pour cette soirée, j’ai opté pour mon fidèle Nikon Z5 II, boîtier hybride particulièrement à l’aise dans les hautes sensibilités, associé à deux optiques Tamron f/2.8 : un 28-70 mm pour les plans larges, les ambiances de scène et les interactions entre artistes, et un 70-180 mm pour serrer sur les visages, saisir un regard, une main sur les cordes, l’expression fugace d’une émotion. L’ouverture constante à f/2.8 est ici une nécessité autant qu’un choix artistique : elle permet de collecter un maximum de lumière dans des conditions souvent difficiles, tout en produisant ce flou d’arrière-plan qui isole les sujets et donne aux images leur caractère.

Et si on ouvrait encore davantage ?
En photographie de concert, on rêve souvent d’aller encore plus loin dans la quête de lumière et de flou. C’est là qu’entre en scène la tentation des optiques à grande ouverture f/1.8 — un stop de plus que le f/2.8, ce qui peut sembler modeste sur le papier, mais représente en réalité le double de lumière captée. Concrètement, cela ouvre des possibilités créatives et techniques considérables : des fonds encore plus fondus, une séparation sujet/arrière-plan presque picturale, et surtout la possibilité de descendre d’un cran en ISO pour un rendu plus propre, ou de gagner en vitesse pour figer un mouvement dans des conditions de lumière encore plus défavorables.

En monture Nikon Z, le catalogue est heureusement riche : le Nikkor Z 50 mm f/1.8 S, le 85 mm f/1.8 S ou encore le 35 mm f/1.8 S sont des références unanimement saluées pour leur piqué et leur rendu du flou, je ne parlerais pas des superlatifs Noct – NIKKOR Z 58mm f/0.95 S Noct – ou Plena – NIKKOR Z 135mm f/1.8 S Plena – qui resteront certainement à l’état de rêves.
Du côté de Viltrox ou Sigma, des alternatives tierces séduisantes existent à des tarifs plus accessibles. Mais séduisantes ne veut pas dire données — et c’est souvent là que le rêve se heurte à la réalité du budget. Ces optiques lumineuses, qu’elles soient natives ou tierces, restent un investissement significatif.
Une belle liste de souhaits pour les prochains projets photographiques. En attendant que l’occasion se présente, un 135mm f/1.8 serait une bonne recrue, d’autant qu’il peut être utilisé pour la photo de nature.

Lumières changeantes, instants décisifs
La grande difficulté de la photographie de concert réside dans la lumière — ou plutôt dans son instabilité. Des projecteurs qui changent de couleur, des zones d’ombre et de surexposition qui coexistent sur scène, une intensité lumineuse rarement suffisante pour travailler sereinement : tout oblige à des compromis permanents. Les paramètres se négocient en temps réel : ouverture à f/2.8 pour grappiller chaque photon disponible, vitesse d’obturation maintenue autour de 1/125e à 1/250e de seconde pour figer les mouvements — surtout avec un danseur comme Ludo Lamarre, dont le corps ne s’arrête jamais —, et une sensibilité ISO poussée selon les besoins, 3200, 6400 ou parfois 12800, en faisant confiance aux capacités du capteur à contenir le bruit numérique.
Le concert intimiste et acoustique offre une atmosphère feutrée et chaleureuse… mais rarement généreuse en lumière. Chaque image est une décision rapide, presque instinctive. On anticipe le geste, on guette l’expression, on accepte aussi de rater — pour mieux saisir, l’instant d’après, quelque chose de vrai en somme.

📷 Photos prises lors du concert — tous droits réservés.
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