Cool Dreams : le smooth jazz qui n’a pas fini de rêver

La veille du 1er mai, le Quai de la MLC n’avait rien d’un soir ordinaire. Cool Dreams s’y installait pour une soirée placée sous le signe du smooth jazz et des standards revisités. Des titres souvent bien connus et joués par des musiciens qui savent exactement pourquoi ils montent sur scène.
Dès les premières notes, le ton était donné : une basse ronde, batterie posée jouée avec des balais, une guitare ciselée, et un saxophone chaleureux. Un équilibre soigné, où chaque instrument trouve sa place sans jamais écraser les autres. Et puis il y a Karelle. Sa voix, bien sûr, mais aussi son humour, glissé entre deux titres avec un naturel désarmant, qui transforme le concert en quelque chose de plus intime, presque de familier.

Le répertoire voyage dans les années quatre-vingt sans y rester prisonnier. On reconnaît, on sourit, on se laisse porter. Les arrangements sont soignés, assez de swing pour que les corps bougent, assez de profondeur pour que les oreilles restent attentives.

Pour la partie technique, et mes objectifs de soirée, j’avais mon Nikon Z5II au poignet et le Tamron 70-180mm f/2.8 comme complice. L’enjeu photographique de ce type de concert réside souvent à jouer avec les lumières, et les obstacles. Une scène bien chargée, peu d’espace et des projecteurs de différentes couleurs. Ce soir-là, le bleu était omniprésent, esthétiquement séduisant, mais redoutable pour les textures de peau. J’ai donc cherché les instants où une lumière plus chaude venait effleurer un visage, révéler un regard. Ce sont ces secondes-là qui valent le déplacement.

Parce que ce qui m’intéresse, au fond, ce ne sont pas les notes, c’est ce que les musiciens font avec leur corps quand ils jouent. Une posture d’un corps qui s’abandonne dans l’écoute et le moment présent, un échange de regard entre la guitare et la batterie, les mains du bassiste qui semblent penser à part. Cool Dreams, c’est un groupe qui se regarde jouer, et ça, pour un photographe, c’est un cadeau.





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